Évolution des vêtements asiatiques : Chine, Japon, Vietnam
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Évolution des vêtements asiatiques : Chine, Japon, Vietnam

02 November, 2026
Évolution des vêtements asiatiques : Chine, Japon, Vietnam

Les vêtements asiatiques ont évolué de façon très différente en Chine, au Japon et au Viêt Nam. Des cours impériales aux usages actuels, le hanfu, le qipao, le kimono et l'áo dài ont changé de forme, aux côtés des tenues de travail et des textiles régionaux. Une pièce traditionnelle se distingue d'ailleurs d'une réinterprétation moderne par quelques repères simples.

Comment les vêtements chinois ont-ils évolué ?

La Chine n'a jamais eu un costume unique et figé. Chaque dynastie a eu ses coupes, ses superpositions et ses codes de rang. Au XXe siècle, la mode urbaine les a ensuite profondément transformés.

Une femme porte un kimono noir à motifs floraux, les bras écartés.

Du hanfu des Tang aux vêtements Ming

Le hanfu désigne une famille de vêtements liés aux traditions han, dont les formes changent selon les époques. Sous les Tang (618–907), certaines élégantes associent jupe haute, haut et étole. Une figurine de cour des VIIIe–IXe siècles, conservée au musée Guimet, montre une jupe portée sous la poitrine. Le Musée national de la soie de Chine décrit ensuite des robes masculines à col rond sous les Song. Sous les Ming, les robes de fonctionnaires portent des insignes de rang.

Les différences vestimentaires sous les Qing

Sous les Qing (1644–1911), la tenue dépend du milieu social et de l'occasion. La robe-dragon, par exemple, relève du vêtement officiel : sa couleur, ses motifs et son étoffe changent selon le rang, la saison et la cérémonie.

  • Cour impériale : la robe-dragon répond à des règles précises et ne représente pas la garde-robe de toute la population.
  • Femmes han : le Musée national de la soie de Chine relève chez elles le maintien de l'ensemble veste et jupe.
  • Femmes mandchoues : leurs coupes se distinguent de celles des femmes han.
  • Textiles Li : sur l'île de Hainan, les motifs brodés et tissés transmettent des récits et des savoirs.

L'exemple des Li montre la place des traditions régionales. L'UNESCO a inscrit leurs techniques textiles en 2009 sur la Liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente, puis en 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Du qipao au renouveau du hanfu

Le qipao moderne naît de la mode urbaine du XXe siècle et se distingue du hanfu. À Shanghai, des célébrités et des actrices le popularisent dès les années 1920. Dans les années 1930, les magazines et les publicités le rendent encore plus visible. À l'inverse, le costume Zhongshan, appelé « costume Mao » en français, a reculé dans la plupart des garde-robes au début des années 1990, selon le Met.

Le hanfu revient aujourd'hui sous une autre forme : il sélectionne et réinterprète des modèles historiques. La jupe mamianqun en est un bon exemple. Une version contemporaine garde son panneau plat et ses plis, mais change d'étoffe ou d'usage.

Comment le kimono est-il né et transformé ?

Le kimono actuel descend d'un vêtement d'abord discret, porté sous d'autres habits. Son histoire va de la cour Heian aux ateliers modernes de Kyoto. Elle est marquée par des choix de matières, des techniques de décor et des échanges avec l'Europe.

Une femme porte un kimono noir à motifs floraux et aux manches larges.

Du kosode de Heian au kimono

Pendant la période Heian (794–1185), le kosode a des ouvertures de manches étroites. Il sert notamment de sous-vêtement sous les habits superposés des femmes de l'aristocratie. Les gens du commun portent aussi des formes proches.

Peu à peu, le kosode devient un vêtement de dessus et l'un des ancêtres du kimono actuel. Les superpositions de la cour Heian, en revanche, ne correspondent pas au kimono moderne. Trois traits définissent ce dernier :

  • Une coupe rectiligne : le vêtement est assemblé à partir de pièces plutôt droites.
  • Le croisement des pans : sur une personne vivante, le pan gauche passe sur le droit.
  • La ceinture obi : elle maintient l'ensemble fermé.

Dans la tradition japonaise, le kimono n'est pas réservé à un sexe : les femmes comme les hommes le portent.

Matières et modes à l'époque d'Edo

À l'époque d'Edo (1603–1868), les kosode de luxe faits sur mesure côtoient des vêtements de travail en coton. Le chanvre et la ramie servent notamment pour l'été. Les décors font appel à la teinture à réserve, qui protège certaines zones du bain de teinture, au shibori et à la broderie. Un kosode du XVIIIe siècle, conservé au musée national de Kyoto, réunit crêpe de soie, shibori, teinture yūzen et broderie.

Les modes se diffusent par les marchands de tissus, les recueils imprimés de modèles et les estampes. L'étoffe et le décor varient selon la saison, l'occasion, le statut, l'âge et le goût de la personne.

La modernisation sans disparition du kimono

Pendant la période Meiji (1868–1912), les vêtements occidentaux s'imposent dans certaines institutions, notamment militaires et administratives. Le kimono reste pourtant porté dans la rue. En 1872, des tisserands de Nishijin se rendent à Lyon pour étudier le métier Jacquard. Cette technologie est ensuite introduite dans les ateliers de Kyoto.

Les innovations continuent ensuite. Dans les années 1920, le meisen, une soie à fils teints avant le tissage, permet de produire des kimonos aux motifs graphiques et plus abordables. De nouvelles fibres, de nouvelles teintures et de nouvelles machines transforment aussi la fabrication.

Comment l'áo dài est-il devenu un symbole vietnamien ?

L'áo dài moderne est l'aboutissement de plusieurs siècles de tuniques, de réformes et de débats. Pour le comprendre, il faut partir des vêtements qui l'ont précédé.

Une femme vêtue d’un áo dài violet tient un chapeau conique sur une passerelle entourée de verdure.

Les vêtements antérieurs à l'áo dài moderne

L'áo tứ thân est un vêtement à quatre pans. Il se porte notamment avec une jupe et un yếm, un haut noué, et convient au travail rural. L'áo ngũ thân compte cinq pans, dont un pan intérieur supplémentaire. Cette tunique ample se porte avec un pantalon, y compris par les hommes.

La réforme vestimentaire liée à Nguyễn Phúc Khoát, en 1744, marque une étape pour la tunique portée sur pantalon. Elle commence dans le Sud, puis se diffuse sous Minh Mạng. Elle ne date toutefois pas l'invention de l'áo dài actuel.

La réforme Le Mur et les nouvelles coupes

En 1934, Nguyễn Cát Tường, dit Le Mur, propose une tunique féminine plus ajustée, avec de longs pans à l'avant et à l'arrière. Le musée des Femmes du Sud le présente comme un précurseur de l'áo dài moderne.

Ses créations mêlent des formes vietnamiennes plus anciennes et des techniques de couture occidentales. Elles suscitent alors des débats sur la modernité, la féminité et l'identité nationale.

La coupe évolue encore dans les années 1960 avec la manche raglan, assemblée en diagonale depuis l'encolure. Ce montage ajuste mieux le buste et réduit les plis sous le bras.

Des variations au symbole national

Après 1968 apparaît un áo dài « mini », plus court et plus étroit, décrit par le musée des Femmes du Sud. Il ne remplace pas pour autant les versions longues. Dans les années 1930, l'áo dài est associé à la modernisation et à l'émancipation des femmes. Certains discours politiques le rejettent ensuite comme bourgeois et colonialiste. Il redevient peu à peu un symbole national.

Ce statut ne résume pas toutes les garde-robes du pays. L'áo bà ba, porté pour le travail, a sa propre histoire. Il en va de même pour les traditions textiles des Hmong.

Quelle place pour ces vêtements aujourd'hui ?

Aujourd'hui, ces vêtements se portent surtout lors de fêtes, de cérémonies ou par goût de la culture. Une pièce traditionnelle et une création inspirée ne relèvent cependant pas des mêmes usages.

Des usages actuels différents selon la tenue

Chaque tenue a ses occasions. L'usage veut qu'on ne les confonde pas.

  • Kimono et yukata : au Japon, le kimono reste porté lors de cérémonies et de fêtes, tandis que le yukata est une tenue légère associée à l'été.
  • Áo dài : au Viêt Nam, il se porte notamment au Tết et lors des mariages.
  • Hanfu : en Chine, il exprime un intérêt culturel et esthétique, sans redevenir une tenue quotidienne uniforme.

Trésors Asiatiques réunit des tenues d'inspiration traditionnelle, dont des hanfus, des kimonos et des yukatas, dans sa collection de vêtements traditionnels asiatiques. Les motifs, les coloris et les tailles varient selon les kimonos et vestes japonaises pour femme. L'ensemble de style áo dài existe en tailles S, M, L, XL, XXL et XXXL.

Reconnaître une tradition et sa réinterprétation

Une pièce ancienne, une image d'époque et une reconstitution actuelle n'apportent pas les mêmes informations.

  • Le mot « hanfu » : il ne précise pas à lui seul la période dont s'inspire le vêtement.
  • Le mot « kimono » en France : une veste ou un peignoir peut reprendre la silhouette sans la construction, l'obi ou les usages du kimono traditionnel.
  • Les versions modernes de l'áo dài : les pans, le col, les manches ou les étoffes peuvent changer.

Pour un áo dài, vérifiez la présence des deux pièces : une tunique fendue sur les côtés et un pantalon. Ce n'est pas une robe qui se porte seule. L'ensemble áo dài tunique et pantalon de Trésors Asiatiques respecte cette composition.

Marché et repères pour examiner un vêtement

Au Japon, les ventes au détail de kimonos sont passées de 1 800 milliards de yens en 1981 à 224 milliards de yens en 2023, selon les données de Yano Research reprises par Business of Fashion. Le nombre d'artisans traditionnels a baissé de 288 000 en 1979 à 54 000 en 2020, d'après les données d'Edo Kagura. Cette série ne mesure pas directement le port quotidien du kimono.

En France, la DGCCRF impose une étiquette de composition rédigée en français. L'étiquette d'entretien reste facultative. Le choix se fait selon ces informations : pour l'ensemble de style áo dài de Trésors Asiatiques, la composition coton-polyester annoncée est à vérifier sur l'étiquette.

Foire aux questions

Le kimono a-t-il influencé la mode européenne ?

Oui. Des couturiers européens ont repris la coupe rectiligne et les motifs du kimono. Dans l'autre sens, des producteurs japonais ont adopté des procédés et des esthétiques occidentaux. Aujourd'hui, des fabricants textiles autrefois spécialisés dans le kimono travaillent aussi pour la couture internationale.

Peut-on retailler ou réutiliser un kimono ancien ?

Oui. Un kimono peut être démonté, entretenu, retaillé ou réutilisé. Des artisans spécialisés s'occupent de la réparation et de la transformation des pièces anciennes.

Comment choisir la bonne taille pour un ensemble de style áo dài ?

Trésors Asiatiques conseille de vérifier les mensurations de chaque taille avant de commander. Selon la DGCCRF, les tailles varient selon les pays et les fabricants, et les tables de conversion ne sont qu'indicatives. Si possible, essayez le vêtement avant de l'acheter.

Kinipe

Administrateur Asie

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